ORIGINE
Je n'ai jamais bien supporté la résignation devant les incohérences.
J'ai toujours été frappée par la capacité des organisations à s'adapter à des situations qui coûtent à tout le monde jusqu'à les considérer comme normales.
Très tôt, j'ai compris que la vraie difficulté n'était pas toujours là où tout le monde la cherchait.
C'est sans doute ce qui m'a attirée vers les situations complexes, les projets difficiles et les environnements où quelque chose ne fonctionnait plus vraiment.
Pendant longtemps, j'ai cru que ce qui m'animait était la résolution de problèmes.
Jusqu'à ce poste de direction
Mon futur DG me regarde et me dit :
"Ce poste peut vous détruire.
Vous prenez?"
Je ne connais ni le métier, ni le secteur.
Banco.
À mon arrivée, il n'y avait pas de collectif.
Il y avait 15 personnes qui faisaient ce qu'elles pouvaient, seules face à leurs difficultés.
Pendant 9 mois, j'ai clarifié,
structuré,
mobilisé,
Les résultats étaient là.
Et pourtant, les tensions continuaient à se renforcer.
Plus nous avancions, plus je concentrais les tensions avec le reste de l'organisation.
Un échange avec la DRH m'a finalement fait comprendre que les difficultés étaient connues de tous.
La rumeur collective préférait dire qu'elles étaient pourtant de mon fait.
Et ces mêmes difficultés continuaient à être traitées comme si elles provenaient uniquement de mon équipe
La DRH me propose un team building avec mon équipe.
Je donne ma démission.
C'est là que j'ai rencontré une limite qui guide encore mon travail aujourd'hui.
J'avais la main sur mon équipe.
Je n'avais pas la main sur ce qui continuait à produire la situation
au delà de mon périmètre d'action.
Je suis finalement partie pour me préserver.
Tenir pour tenir
n'avait plus de sens.
Mais je suis partie avec le sentiment d'abandonner mon équipe.
Des personnes qui m'avaient fait confiance alors que je ne connaissais ni leur secteur, ni leur métier.
Des personnes qui avaient traversé cette période avec moi.
Des personnes auprès desquelles je m'étais engagée à faire bouger les choses, en vain.
2 ans plus tard, je croise par hasard une ancienne collaboratrice.
Mon poste n'avait pas été remplacé pendant un long moment.
Je savais que nous avions reconstitué une équipe.
Je n'avais pas encore compris à quel point ce collectif s'était consolidé.
À mon arrivée, il n'y avait pas de collectif.
2 ans après, ils tenaient encore.
malgré un environnement toujours difficile.
Plus tard, j'ai compris pourquoi.
Les collectifs ne grandissent pas en travaillant sur eux-mêmes.
Ils grandissent en travaillant
ce qui compte
vraiment.
C'est ce qui guide mon travail aujourd'hui.
Rendre visibles les enjeux réels
Pour permettre aux collectifs
de se mobiliser
de se transformer
et de développer ce qu'ils deviennent
capables de faire ensemble.
Pour retrouver une capacité d'action
là où l'on croyait qu'il n'y avait plus rien à faire.
