POSITIONNEMENT
Ce qui se joue
Certaines situations
ne manquent ni de compétences.
Ni d'engagement.
Ni d'efforts.
Les personnes concernées font souvent tout ce qu'elles peuvent.
Et pourtant les mêmes tensions continuent de revenir.
Ce qui continue de se rejouer
Alors on réorganise.
On relance.
On ajuste encore.
Les dispositifs évoluent.
Les personnes s'adaptent.
Et pourtant certaines difficultés persistent
Pas parce que personne ne les voit.
Pas parce que personne ne travaille.
Mais parce que ce qui maintient
la situation en place
continue d'être
contourné,
déplacé
ou compensé.
J'ai compris que certaines organisations finissaient par fonctionner autour de sujets qu'elles ne parvenaient plus réellement à traiter collectivement.
Des sujets pourtant connus.
Parfois même parfaitement identifiés.
Mais dont le traitement devient difficile.
Alors chacun compose.
Les tensions se régidifient.
Les responsabilités deviennent plus fragiles.
Les relais s'épuisent.
Et le quotidien finit par dépendre de quelques personnes pour tenir.
Le déplacement
J'ai aussi compris autre chose.
Lorsqu'un sujet joue un rôle important
dans l'équilibre d'un collectif,
le déplacer n'est jamais neutre.
On se heurte rapidement aux rapports de pouvoir, aux intérêts en présence et aux représentations qui se sont construites autour de lui.
Le risque est alors
de voir le système réabsorber
ce que l'on cherche à transformer.
Et pourtant, aucune transformation durable ne peut être imposée de l'extérieur.
Un collectif ne transforme durablement
que ce qu'il devient capable
de traverser ensemble.
C'est de cette tension qu'est née
ma manière d'intervenir.
Un cadre suffisamment impliqué pour travailler ce qui se joue réellement.
Suffisamment extérieur
pour permettre au collectif
d'aller à l'endroit
qui produit la situation.
Et suffisamment engagé pour que ce qui devient visible puisse réellement être travaillé collectivement.
Car tant que cet endroit reste hors de portée, les mêmes tensions finiront par revenir.
Les arbitrages recommencenceront à glisser.
Les responsabilités se déplaceront
Et les efforts engagés produiront de moins en moins d'effet.
Les organisations savent souvent
où ça bloque.
Ce qui manque n'est pas toujours l'information.
Ce qui manque
est souvent la possibilité
de traiter certains sujets collectivement.
C'est précisément le lieu où j'interviens.
J'aide les collectifs à réussir les projets qu'ils portent en travaillant ce qui continue de les empêcher d'avancer.
Pour que les décisions tiennent.
Pour que les responsabilités retrouvent leur place.
Pour que le collectif puisse avancer
sans dépendre en permanence
des mêmes personnes.
Au-delà
et au coeur des missions
Les organisations restent peut-être
l'un des derniers endroits
où nous sommes contraints
de remettre en question
nos certitudes.
notre manière de décider,
de débattre,
d’assumer,
Et de continuer à construire ensemble
malgré les tensions,
les désaccords
et les intérêts divergents.
C'est peut-être là que commence la vraie
responsabilité soci(ét)ale.
